Le premier trimestre 2026 confirme la reprise amorcée au second semestre 2025. Après deux années de contraction marquée, le marché immobilier français reprend des couleurs, porté par la détente des taux d'intérêt et un rebond de la demande dans les grandes agglomérations. Voici les indicateurs les plus pertinents pour les marchands de biens.
Volume global : +12 % sur un an
Les notaires de France estiment à 285 000 transactions le volume de ventes dans l'ancien pour le seul premier trimestre 2026, soit une progression de 12 % par rapport au T1 2025. Ce chiffre reste inférieur aux pics historiques de 2021 (plus d'un million de ventes annuelles), mais la tendance est clairement haussière.
Pour les marchands de biens, ce rebond du volume signifie deux choses concrètes :
- Un plus grand nombre d'opportunités d'acquisition, notamment sur le segment des biens nécessitant des travaux.
- Une meilleure liquidité à la sortie, les délais de vente se contractant progressivement dans la plupart des marchés.
Évolution des prix : stabilisation et légère hausse
Après une correction de l'ordre de 8 à 12 % entre 2022 et 2025 selon les villes, les prix se stabilisent. On observe même une légère progression dans les secteurs les plus attractifs :
- Paris intramuros : +2,3 % sur un an, avec une médiane à 9 850 €/m².
- Lyon : +1,8 %, médiane à 4 420 €/m².
- Bordeaux : stabilité (-0,2 %), médiane à 4 150 €/m².
- Marseille : +3,1 %, médiane à 3 280 €/m².
- Nantes : +0,9 %, médiane à 3 700 €/m².
- Rennes : +1,4 %, médiane à 3 520 €/m².
Pour les marchands de biens, la stabilisation des prix est une bonne nouvelle à condition d'avoir bien négocié à l'achat. Les opérations initiées pendant la correction de 2024 sont aujourd'hui en position favorable.
Le segment des passoires thermiques : un marché dans le marché
La montée en puissance des contraintes DPE continue de créer des opportunités spécifiques. Au T1 2026, les biens classés F et G représentent 18 % des transactions dans l'ancien, avec une décote moyenne de 15 à 22 % par rapport aux biens équivalents mieux classés. Cette décote est la fenêtre d'entrée idéale pour les MDB spécialisés en rénovation énergétique.
Les marchés où cette opportunité est la plus prononcée sont les villes moyennes du Centre et du Nord de la France, ainsi que les zones rurales des Hauts-de-France et de la Normandie, où le parc est plus ancien et les décotes plus importantes.
Délais de commercialisation : des signaux positifs
Le délai médian de mise en vente à la signature chez le notaire est passé à 68 jours au T1 2026, contre 82 jours au T1 2025. Une réduction de deux semaines en moyenne qui améliore mécaniquement la rentabilité des opérations en raccourcissant la période de portage financier.
Cette tendance est encore plus nette sur les produits rénovés clés en main, dont le délai de commercialisation tombe à 42 jours en moyenne dans les marchés tendus. C'est un argument de poids pour les marchands de biens qui investissent dans des rénovations de qualité.
Perspectives pour le reste de 2026
La Banque de France anticipe une poursuite de la détente des taux directeurs au second trimestre, ce qui devrait maintenir la dynamique de reprise. Les économistes s'accordent sur un volume annuel total de l'ordre de 950 000 à 1 000 000 de transactions pour l'ensemble de l'année, un niveau proche de la normale historique.
Pour les marchands de biens, les prochains trimestres s'annoncent favorables, à condition d'être positionné sur les bons marchés et de maîtriser ses coûts de portage. La discipline financière reste le facteur différenciateur en phase de reprise.